Blues Horizon – 1991

C’est un premier essai : vingt petits poèmes, dont huit ont été mis en musique et interprétés par Bertrand de Robillard sur une cassette audio.

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Bise marine

C’est un bruit d’épave
Que la mer délave
Grincement des lames
battant la mesure
des cœurs à l’usure
sur une île en marge
en toutes saisons
moi je vis au large
de tous horizons

un soleil aligne
ses années-lumière
les brisants salivent
toutes les frontières
comme une morsure
coulée dans l’azur
le soleil plafonne
une herbe plus jaune
à chaque saison

Et puis quand décembre
passe sur tes lèvres
le ciel à l’envers
dans tes yeux ouverts
laisse un teint de cendre
quand le ciel descend
laisse un peu de cendre

Un soleil tambour
aux ventres en nage
lenteur du tempo
et cœurs en sourdine
sueurs en vitrine
musique de peau
perçant sous les chairs
fondues aux mirages
de l’ambre solaire

Lendemains de fêtes
figures défaites
silence des foules
que la mer accule
on cuve la mer
au fond de l’exil
au creux de la houle
c’est un peu amer
ivresse des îles

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Curepipe grisaille
(extrait)

Curepipe grisaille
ma ville pagaille
quand la pluie se glisse
agace les vitres
c’est la vie qui vive – hiver

Nouvelles couleurs
la vieill’ ville claque
décape les fleurs
les pétales et cartes postales

Quand le froid s’y frotte
les filles s’effritent
et qui en profite

Au soleil levant
les cheveux au vent de juin
ouvre les yeux fais un vœu
ouvre les yeux c’est un jeu

Un’ ville qui chiale
sur un matin sale
café noir ou crème
avec ou sans j’t’aime
symphonies des petits matins pâles

Les jours de travail
ou fins de semaines
les journées s’enchaînent
s’enfilent du pareil au même

Les filles s’égarent
dans le fond des gares
et les whiskies doublent
sur les regards troubles

je vois ma ville lumière
à travers les verr’s de bière
je m’verrouille les paupières

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